Souvent on me demande « Quel métier fais-tu ? »

 

Je travaille pour cette industrie surnommée « l’usine à rêves », le dernier maillon entre vous et les rêves les plus fous ou raisonnables sortis de la tête de réalisatrices, réalisateurs et scénaristes. Cette personne qui par cette petite lucarne au-dessus de votre tête vous envoie ces fameuses images animées sur un grand écran blanc nacré (seul endroit où l’on peut vraiment les apprécier à leur juste valeur).

 

Je baigne dans le monde des images en cinémascope, en panoramique, j’oscille entre le monde du noir et blanc et la couleur. Je suis une vulgaire passeuse de rêves qui donnent tant d’étoiles dans les regards, des sourires sur les visages des enfants lors de leurs rencontres avec leurs héros favoris. Je vois aussi vos déceptions, vos larmes, tout un monde d’émotions dont je me nourris car cela colle avec ma vision de la vie : partager et donner du plaisir.

 

Depuis l’âge de 12 ans, je m’enferme dans ces cabines, dans le noir, juste pour ces plaisirs. Pour me remplir la tête de souvenirs. Sur le chemin du retour, le temps de parcourir les 15 km qui séparaient le petit cinéma de la ville et ma maison, à vélo puis à mobylette, je mettais des images sur les films que j’avais écoutés mais que je n’avais pu voir. Mais grâce à tous vos regards émerveillés à la sortie je me réinventais mon film en entrechoquant tous ces visages d’acteurs et d’actrices, ces images de films romantiques, comiques et plus intellectuels. Je me formais au monde.

 

Vraiment, pour moi, c’est une belle usine à rêves. Mais j’ai aussi bien les pieds sur terre. Maintenant mon métier a bien changé, je peux être seule pour plusieurs cabines de projection. Mais mes rêves d’enfant sont toujours très présents, avec une pointe de nostalgie face aux nouvelles technologies. Mais c’est avec bonheur que je vous vois encore pousser la lourde porte de nos salles pour prendre un moment de plaisir.

 

Bien sûr, tout cela m’a amenée à collectionner des petits bouts de film, du au montage de ceux ci. Tel des petites diapo que je gardais comme de vraies trésors que je me projetais ou regardais à la lueur de ma lampe électrique. L'affichage des photos de plateau, des Stars des grands Studio dans ce grand hall ou dans les vitrines du cinéma on été des éléments déclencheur à cette passion.  


J’ai donc très modestement développé une deuxième activité de photographe. La lumière et la composition de l'image ainsi que les décors mon marquée au fer rouge et j'essaye désormais de les retranscrire dans ce petit univers . Bonne balade sur mon site.

 

La passeuse de rêves